Innover, former, inspirer : l’ENSEM et ses partenaires relèvent les défis de la transition écologique grâce à des plateformes technologiques uniques en France.
Micro-Réseaux : la révolution énergétique en pratique
La France s’est fixé un objectif ambitieux : atteindre 32 % d’énergies renouvelables dans sa consommation finale brute d’ici 2030. Pour y répondre, l’ENSEM, École Nationale Supérieure d’Électricité et de Mécanique, a développé une plateforme pédagogique et technologique inédite, soutenue par la Région Grand Est et la Fondation de l’Industrie. Cette plateforme repose sur trois micro-réseaux intelligents interconnectables, déployés dans ses salles de travaux pratiques.
Ces micro-réseaux permettent d’émuler un système énergétique complet à échelle réduite. Ils intègrent des sources de production variées, telles que l’éolien, le photovoltaïque, l’hydraulique et les piles à combustible, ainsi que des solutions de comme les batteries, l’hydrogène ou les Stations de Transfert d’Énergie par Pompage.
Ils incluent également des consommateurs diversifiés, allant des moteurs électriques à la recharge de véhicules, en passant par des systèmes de chauffage intelligent. Un système de supervision intelligent (SCADA) assure l’optimisation des flux en temps réel, garantissant stabilité et efficacité.
Depuis la rentrée 2025-2026, cette plateforme est utilisée par environ 550 étudiants chaque année, issus du cycle ingénieur et du Master Énergie. Elle leur permet de maîtriser les enjeux de la transition énergétique, tels que la stabilité des réseaux, l’intégration des énergies renouvelables ou encore l’optimisation économique. Les étudiants travaillent sur des cas concrets, comme la gestion de flottes de véhicules électriques, l’équilibrage entre l’offre et la demande d’énergie, ou le diagnostic de pannes. La plateforme sert également de support à des collaborations industrielles, comme l’étude du rendement des turbines hydrauliques à vitesse variable pour ER3I, ou le développement de programmes de formation sur les micro-réseaux pour RTE (Réseau de Transport d’Électricité).
Thierry Boileau, responsable du projet à l’ENSEM, souligne : « Cette plateforme est un accélérateur de compétences pour les futurs ingénieurs. Elle leur permet de comprendre, en conditions réelles, comment piloter un réseau électrique intelligent. »
Le coût total du projet s’élève à 250 000 euros, financé à hauteur de 125 000 euros par la Région Grand Est, 60 000 euros par la Fondation de l’Industrie, et 65 000 euros par des fonds propres de l’ENSEM. Un investissement qui positionne l’école comme une référence nationale en matière de formation aux smart grids.
Urbanloop : réinventer la mobilité urbaine
Tout a commencé en 2017 à l’ENSEM, avec une question simple posée par Jean-Philippe Mangeot, enseignant de l’école : « Comment optimiser la mobilité urbaine avec un minimum d’énergie et des services – disponibilité, temps de transport – comparables à ceux d’une voiture ? ». La réponse a pris la forme d’Urbanloop, un concept de transport en commun individuel, électrique et sans attente, basé sur des capsules autonomes circulant en flux continu sur des boucles dédiées.
Aujourd’hui, Urbanloop SAS est devenue une licorne française de la mobilité décarbonée. En 2021, elle a établi le record du monde de la plus faible consommation d’énergie pour un véhicule électrique autonome sur rail, en présence du Ministre des Transports de l’époque, Jean-Baptiste Djebbari. Depuis, les succès s’enchaînent : la Métropole du Grand Nancy a commandé une ligne de 3,5 km, desservant 7 stations entre Maxéville et le quartier Rives de Meurthe à Nancy, dont la mise en service est prévue pour 2027. Urbanloop a également fait ses preuves lors des Jeux Olympiques de Paris 2024, où son démonstrateur a transporté 6 547 personnes entre deux sites olympiques et une fan zone. En 2025, deux contrats majeurs ont été signés : une boucle desservant les méga-usines de la zone industrialo-portuaire de Dunkerque, dont la mise en service est prévue en 2028, et un premier contrat international aux Émirats arabes unis pour une boucle de 800 mètres à Abou Dabi, qui sera installée en début d’année 2026.
Pour former les ingénieurs de demain, l’ENSEM a transformé la boucle expérimentale de Brabois en une plateforme pédagogique unique. Celle-ci comprend deux capsules : une capsule à échelle 1, capable de transporter un passager, utile pour étudier le pilotage de flotte ou l’évitement d’obstacles, et une capsule à échelle réduite, destinée à l’étude de la motorisation et de la commande.
Un banc d’essai a également été développé pour caractériser les performances électromécaniques et thermiques des capsules. Les étudiants utilisent des outils de simulation avancés, comme Simulink, ANSYS ou Fluent, pour modéliser le comportement dynamique, l’aérodynamique ou les vibrations des capsules.
Les étudiants travaillent sur des problématiques réelles, telles que le contrôle-commande des capsules, la modélisation des moteurs pour optimiser leur rendement et leur durabilité, ou encore l’étude aérodynamique pour réduire la consommation énergétique. Jean-Philippe Mangeot déclare : « Urbanloop est bien plus qu’un projet : c’est une révolution dans la façon d’envisager la mobilité. Nos étudiants contribuent à des solutions qui changeront les villes de demain. ».
Le coût total de cette plateforme pédagogique s’élève à 137 000 euros, financé à hauteur de 60 000 euros par la Région Grand Est, 60 000 euros par la Fondation de l’Industrie, et 17 000 euros par des fonds propres de l’ENSEM.
La Fondation ENSEM : un partenaire clé pour l’innovation
Le soutien de la Fondation de l’Industrie a été déterminant dans la réalisation de ces deux plateformes. Son engagement financier a permis d’accélérer la recherche en transition énergétique et en mobilité durable, de former des ingénieurs capables de relever les défis technologiques de demain, et de créer un écosystème vertueux entre formation, recherche et industrie.
Un représentant de la Fondation de l’Industrie explique : « La Fondation de l’Industrie est fière de soutenir l’ENSEM dans ces projets ambitieux. Ils illustrent parfaitement comment l’alliance entre le monde académique et les entreprises peut faire émerger des solutions innovantes pour la société. »
En résumé
La plateforme Micro-Réseaux de l’ENSEM forme les étudiants aux enjeux des smart grids, avec un impact direct sur la transition énergétique et des collaborations industrielles concrètes. Elle a bénéficié d’un financement de 60 000 euros de la part de la Fondation de l’Industrie.
La plateforme Urbanloop, quant à elle, réinvente la mobilité urbaine en offrant aux étudiants un terrain d’expérimentation unique pour développer des solutions innovantes. Elle a également reçu un soutien de 60 000 euros de la Fondation de l’Industrie.
Grâce à ces deux plateformes, l’ENSEM, avec le soutien de la Fondation de l’Industrie et de la Région Grand Est, forme les ingénieurs qui construiront le monde de demain : plus sobre, plus intelligent et plus connecté.
Pour en savoir plus :
Contacts ENSEM : Thierry Boileau, Milad Bahrami
Site Urbanloop : urbanloop.fr
